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 Tellement vrai... (suite)

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Luc
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Masculin Nombre de messages: 120
Age: 41
Localisation: Fos sur Mer
Date d'inscription: 24/11/2008

MessageSujet: Tellement vrai... (suite)   Mar 1 Sep - 21:07

Une question d’intelligence tout simplement…
Vous le savez, une séparation, un divorce, c’est toujours un moment de douleur
intense pour l’enfant : son « petit monde » se dérobe sous ses pieds, ses repères disparaissent
parfois brutalement, des visages familiers aussi, celui du père bien souvent …mais aussi
parfois, pour ne pas dire souvent, ceux de tontons, de cousines, de grands-parents, sans
oublier bien sûr ceux des copains d’école ou du quartier.
L’enfant dont les parents se séparent et confié par la Société via le Juge aux Affaires Familiales
à l’un des deux parents, voit son environnement bouleversé : de nombreuses personnes proches de
l’enfant vont ainsi être éloignées de lui pour un temps plus ou moins long, parfois pour toujours !…
Ainsi, peu à peu, l’enfant se voit écarté de l’histoire familiale de la branche paternelle
ou maternelle : il participera davantage aux différents événements (fêtes, mariages, décès,
communions, baptêmes, anniversaires, etc) liés à la famille de sa mère s’il vit « principalement » chez
celle-ci, par exemple.
En effet, l’enfant vivant chez le « parent continu » est davantage informé et en temps
réel de ce type d’événements familiaux et il est donc immédiatement impliqué dans leur
préparation et/ou leur déroulement alors qu’il lui est moins aisé de participer aux événements
familiaux concernant la (sa) famille du côté du père, ce « parent discontinu » encore trop
souvent considéré comme un parent de « seconde zone ».
Les dispositions de la loi du 4 mars 2002 consacrant la résidence alternée et la coparentalité
tout en renforçant la médiation familiale ont besoin de temps pour être
couramment appliquées quand cela est possible, c’est à dire dans l’intérêt de l’enfant. C’est
ainsi car toute loi a besoin de mûrir dans la pratique. Néanmoins nous pouvons et devons en
être les acteurs afin d’accompagner et de renforcer cette loi, notamment en réaffirmant ici et
là quelques évidences toujours bonnes à dire.
Quelles évidences ? Qu’il est inadmissible d’impliquer l’enfant lors de différends entre
ses deux parents ! Que ce n’est pas faire preuve de tact que de dénigrer l’un des deux parents
en présence de l’enfant ! Qu’en aucun cas l’enfant doit être le témoin de propos vengeurs ou
assassins tenus par une tante, un grand-père ou encore un cousin à l’encontre de l’un des deux
parents. Inutile d’en rappeler ici les raisons.
Bref, qu’il est temps que chacun, quelque soit son degré dans la parenté de l’enfant,
prenne garde à ne pas « polluer » la séparation des parents en y intervenant, n’alimente pas les
conflits nés pendant ou après la séparation par des propos désagréables ou des jugements de
valeur « à l’emporte pièce » envers l’un des deux parents. « Fusiller » le père ou la mère en
présence de l’enfant, c’est toujours l’enfant qui prend les ricochets !
Je pense qu’il était utile de revenir sur ces quelques évidences car trop souvent lors
d’une séparation, on a le sentiment que ce n’est pas uniquement un homme et une femme qui
se séparent mais tout un ensemble de personnes, grands-parents, tontons et tatas, cousines et
cousins qui se séparent de l’un des deux parents. Ces tatas et tontons, ces grands-parents qui
dénigrent « l’autre », « l’ex », en présence ou non de l’enfant ne font en fait qu’exprimer leurs
propres souffrances, leur propre mal-être du à une séparation qui touche et bouleverse toute la
parenté de l’enfant et dont ils font partie.
Alors, rêvons un peu et imaginons que chacun, selon le degré qui est le sien dans la
parenté de l’enfant, prenne enfin le sens des responsabilités, cesse d’alimenter les conflits
parentaux et participe à son niveau au développement psychoaffectif de l’enfant dont les
parents se séparent ou sont déjà séparés : nous aurions ainsi fait un grand pas dans le domaine
de l’intelligence utilement employée au service de la cause de l’enfant.
Alain MONCHEAUX, 2004
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